V
CONCLUSIONS
Le modèle probabiliste propose que les
facteurs perturbateurs de la biominéralisation et de la chaine alimentaire du
calcium soient les causes probabilistes des extinctions de masse et notamment de
la disparition des dinosaures.
On constate l'existence, à la limite K/T, de cinq
facteurs (sur 7) probabilistes perturbateurs de la biominéralisation
du calcium :
1) des glaciations et températures fraîches ou
froides
2) un niveau plus élevé de CO2
3) une activité orogénique et volcanique intense
4) une augmentation de l'acidité du ph
5) une rupture des chaînes alimentaires (extinction
du nannoplancton - coccolithophoridés - et du microplancton - foraminifères;
disparition des Angiospermes)
D'autres arguments confortent le modèle
probabiliste de l'extinction de masse à la limite K/T, aux dépens des autres
modèles (impact de météorites, régressions marines, épidémies virales, etc...):
expansion et radiations antérieures des phyla; sélectivité de l'extinction
de masse, expansion puis disparitions simultanées de groupes animaux
éloignés, arguments stratigraphiques, durée de l'extinction de masse, etc...
L'histoire des récifs tropicaux (leur expansion et
leur disparition) coïncide avec la présence des facteurs favorables ou
perturbateurs de la biominéralisation. D'autres arguments a contrario
confortent le modèle probabiliste. Ainsi, les organismes à métabolisme calcique
faible ou nul sont peu ou pas affectés par les extinctions de masse (Insectes à
squelette chitineux, Arachnides, Annélides, Spongiaires siliceux, etc...).
Un mot sur le hasard. La notion de probabilité
s'oppose au concept de déterminisme (Laplace 1814) qui se réfère à une
causalité stricte alors que, dans la probabilité, la relation causale est plus
lâche et la prévisibilité statistique. La probabilité statistique n'a,
néanmoins, rien de commun avec le hasard qui est la contingence pure,
l'imprévisibilité et qu'on peut définir comme la rencontre de deux séries
causales indépendantes (Cournot 1843). Ainsi, dans l'extinction de masse à la
limite KT, l'hypothèse du choc météorique (Alvarez 1980) ressort de la
contingence pure et est le résultat, a priori imprévisible, de la rencontre de
deux trajectoires indépendantes, celles de la terre et d'une météorite. Dans le
modèle probabiliste, le phénomène s'interprète par l'influence probabiliste du
stimulus calcium sur les organismes (Vertébrés et Invertébrés), qui se
manifeste à la fois par l'expansion et la disparition des organismes à
métabolisme calcique important, la sélectivité des extinctions, la radiation et
l'extinction des Dinosaures (avec ses localisations paléogéographiques), etc...
Tous ces faits sont inexplicables dans les modèles
fondés sur le hasard, qui ne prennent en compte que les extinctions, sans leur
sélectivité, et ignorent totalement les phénomènes de radiation antérieurs.
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