IV

 

LES PREUVES DU MODELE PROBABILISTE

 

Version anglaise

  

Dans son ensemble, l'ère secondaire a été une longue période de 180 M.A. de calme relatif orogénique et volcanique. Un environnement et une sédimentation de caractère calcaire prévaut pendant la plus grande partie du Secondaire et particulièrement au Crétacé (comme son nom l'indique). Au Crétacé tardif, on assiste à un réveil de l'activité orogénique et du volcanisme (Trapps du Dekkhan aux Indes - Columbia River et Snake River aux U.S.A.).

Au Secondaire prospèrent de nombreux phyla et groupes animaux, tant Vertébrés qu'Invertébrés, avec un squelette interne ou externe important ( vertèbres, rostres, tests, coquillages, etc...) constitués de composés divers du calcium, calcite, aragonite, phosphates, carbonates, sulfates, etc... : Reptiles marins ou terrestres, Rudistes, Ammonites, Foraminifères, Coccolithophoridés, Bivalves, Coraux, etc...

L'extinction de masse au Maestrichtien, à la limite K/T, concerne 50 % des genres (38 % des genres marins), soit 65 à 70 % des espèces (90 % des espèces planctoniques, 100 % des espèces de Reptiles marins, d'Ammonites, de Rudistes, etc...). 100 familles sont éteintes.

Une analyse fine des pourcentages des genres, existant au Crétacé terminal, qui survivent à la limite K/T (d'après une statistique d'Emiliani, Kraus et Shoemaker 1981) permet de corréler la perturbation de la chaîne alimentaire et des processus de biominéralisation et la disparition ou l'atteinte des organismes à métabolisme calcique plus ou moins important.

                % de survivants après la limite K/T :

Sur 29 groupes recensés:

4 dont le métabolisme calcique est absent ou mineur ne sont pas ou relativement peu affectés : Radiolaires à squelette siliceux - 93; Dinoflagellés à thèque cellulosique - 78; Elasmobranches à squelette cartilagineux - 67; Diatomées à coque siliceuse - 31.

19 dont le métabolisme calcique est important disparaissent complètement ou sont très affectés : 1) Coccolithophoridés - 13; 2) Foraminifères planctoniques - 13; 3) Ammonoïdés - 0; 4) Belemnoïdés - 0; 5) Ostéichthyens - 4; 6) Ichthyosauriens - 0; 7) Plésosauriens - 0; 8) Coraux - 20; 9) Foraminifères Orbitoïdés -0; 10) Hippuritidés - 0; 11) Chéloniens - 23; 12) Sauroptérygiens - 0; 13) Lacertiliens - 27; 14) Serpents - 0; 15) Crocodiliens - 12; 16) Saurischiens - 0; 17) Ornitischiens - 0; 18) Ptérosauriens - 0; 19) Oiseaux - 0.

3 sont plus ou moins affectés : Nautiloïdés - 50; Pélécypodes - 43; Huîtres - 32.

3 sont épargnés : Amphibiens - 100; Mammifères - 52; Foraminifères benthiques - 75/85.

En résumé, sur 29 groupes, 26 (4 + 19 + 3) soit 90 % des groupes témoignent d'une corrélation (par leur persistance, leur disparition ou leur faible pourcentage de survivants) entre la nature et l'importance de leur endosquelette ou de leur exosquelette et la perturbation de la chaîne alimentaire et des processus de biominéralisation du calcium à la fin du Crétacé.

L'examen des aires et des époques d'apparition des Dinosaures, Reptiles terrestres, indique qu'il existe une corrélation, dans l'espace et dans le temps, entre l'apparition des fossiles de Dinosaures et une transgression marine préalable ou concomitante qui permet d'instaurer la chaîne alimentaire probabiliste du calcium. Les 70 sites fossilifères mondiaux de Dinosaures ont connu une transgression marine concomitante ou antérieure du Trias, du Jurassique ou du Crétacé. A contrario, aucun site fossilifère de Dinosaures n'est recensé sans transgression marine concomitante ou antérieure.

On constate l'existence, à la limite K/T, de cinq facteurs (sur 7) probabilistes perturbateurs de la biominéralisation du calcium :

1) des glaciations et températures fraîches ou froides

2) un niveau plus élevé de CO2

3) une activité orogénique et volcanique intense

4) une augmentation de l'acidité du ph

5) une rupture des chaînes alimentaires (extinction du nannoplancton - coccolithophoridés - et du microplancton - foraminifères; disparition des Angiospermes)

D'autres arguments confortent le modèle probabiliste de l'extinction de masse à la limite K/T, aux dépens des autres modèles (impact de météorites, régressions marines, épidémies virales, etc...): expansion et radiations antérieures des phyla; sélectivité de l'extinction de masse, expansion puis disparitions simultanées de groupes animaux éloignés, arguments stratigraphiques, durée de l'extinction de masse, etc...

 

Suite : V Conclusions

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